L’hôtesse de l’air marchait dans l’étroit couloir de l’avion, vérifiant pour la troisième fois les ceintures des passagers. Le vol semblait ordinaire, jusqu’à ce que son regard s’arrête sur le siège 14A.
L’homme était nerveux. Ses mains bougeaient sans cesse, son regard fuyait. L’hôtesse de l’air s’arrêta un instant, l’observant plus attentivement.
Elle s’approcha.
— Monsieur, veuillez attacher votre ceinture, dit-elle d’une voix professionnelle et habituelle.
L’homme hocha la tête, mais ses mains tremblaient.
Elle se pencha, comme pour l’aider, mais murmura d’une voix très basse :
— Monsieur… nous savons ce que vous avez fait.
L’homme se figea brusquement.
— Qu… qu’est-ce que vous dites…
L’hôtesse de l’air ne le regarda pas dans les yeux, continuant simplement à « ajuster » la ceinture pour que les autres ne soupçonnent rien.
La respiration de l’homme devint lourde.
— Vous vous trompez… je—
— Vous fuyez, l’interrompit-elle calmement, mais pas assez vite.
Elle termina de « l’aider » et se redressa, mais avant de partir, elle ajouta :
— Veuillez rester à votre place. On viendra vous voir après l’atterrissage.
L’homme était désormais complètement pâle.

— Vous êtes de la police… ?
Elle le regarda enfin droit dans les yeux pour la première fois.
— Non.
Quelques secondes de silence.
Elle se détourna et continua son travail, comme si rien ne s’était passé.
L’homme resta assis, collé à son siège, avec une seule pensée qui résonnait dans sa tête :
« Après l’atterrissage… »
Il regarda par le hublot, vers les nuages qui semblaient immobiles. À cette altitude, tout paraissait lointain.
Mais en réalité, rien ne le sauverait.
Et pour la première fois durant tout le trajet, il comprit :
ce n’était pas lui qui volait vers la liberté…
mais droit vers sa fin.








